Cinéma : Ca$h

Publié le par Alison

C'est un film d'Eric Besnard avec Jean Dujardin dans le rôle de Cash, Jean Reno dans celui de Maxime Dubreuil, Valéria Golino (Julia Molina), Alice Taglioni (Garance), et François Berleand (François) entre autres. On notera en plus de la participation au début du film de Clovis Cornillac dans le rôle de Solal, (qui est incontestablement un ami de Jean Dujardin à qui il donna la réplique dans Brice de Nice) la présence de sa compagne, Caroline Proust, qui joue également dans ce film, et y interprète le personnage de Léa.

Jean Dujardin et Jean Reno sont réunis pour la première fois à l'écran, dans un chassé croisé où chacun ment, bluffe, séduit et prétend être celui qu'il n'est pas. Et c'est avec plaisir qu'on redécouvre Jean Reno dans ce rôle. Pour ma part ça fait bien longtemps que je ne lui avait plus trouvé de film à sa pointure, je n'appréciais plus ses apparitions à sa juste valeur. Sans parler de Jean Dujardin, dont le film est taillé pour lui et lui correspond à merveille malgré ce qu'on pourrait croire sur les rôles qui lui sont prédisposés (comme on le verra d'ailleurs avec l'explication du réalisateur).

La liste artistique se composent d'acteurs, de talents, très complices, on se retrouve devant des duos qui fonctionnent, avec une intrigue bien sentie, une histoire sentimentale bien pensée, et une enquête à rebondissements ! C'est le moins qu'on puisse dire. Tout est là pour passer un très bon moment dans le genre film français, comédie policière, le tout avec classe et glamour. Je préfère définitivement mieux un film français avec un budget dix fois moins élevé qu'une production américaine. Et je continuerai de me régaler devant ce genre de films, qui m'a convaincu, malgré les critiques cinglantes des journaleux en panne d'inspiration... Et qu'on me parle ni d'aspects manquants ni de style, car ce film, il a tout et je le défendrai jusqu'au bout, tellement j'ai adoré ou alors c'est qu'on ne le comprend pas, c'est la seule chose que je peux admettre ! Même si la situation est complèxe, la mise en scène rocambolesque, ce qui se joue au 1er plan comme en parallèle est palpitant ! En apparence, je veux bien qu'on puisse s'y perdre un peu au fur et à mesure, mais tout fini par s'illuminer et rentrer dans l'ordre. Reposant sur un scénario bien ficelé et une réalisation efficace, Cash est un film inspiré et astucieux, il a beaucoup d'atouts dans son jeu et il réussit le pari de tenir en haleine le spectateur jusqu'au dénouement final. C'est un bon polar divertissant ! J'aime tout... des personnages jusqu'au décors, tout inclu !


Voici quelques secrets de tournage très intéressants quand on a vu le film :

- En expliquant la genèse du projet Eric Besnard dit qu'il a pour habitude d'écrire ses films en s'appuyant sur ses références de spectateur. Pour Ca$h, il souhaitait retrouver les sensations qu'il avait éprouvées en voyant un certain cinéma de la fin des années 60. "Un cinéma où les personnages étaient à la fois intelligents et légers". Dans ses films de référence, il y avait bien sûr L'Arnaque, auquel la première scène rend un hommage distancié puisque dès le départ, son intrigue prend une autre voie. Mais aussi tous les films où des héros prennent des risques sans perdre le sourire. Il a écrit sans producteur. Mais il s'était dressé un cahier des charges : aucune violence, de l'élégance, et surtout une fin à la hauteur de la promesse. "Je suis donc parti de la fin, en me disant que si je me lançais dans ce film-là, le dernier acte devait absolument être digne du suspense. C'était mon obsession depuis le départ. J'ai ensuite travaillé la mécanique."

- Pour la construction de l'intrigue et l'écriture du scénario, il s'est documenté sur le milieu de l'arnaque et en a découvert une ou deux essentielles qui sont citées dans le film, mais dont l'intrigue ne repose pas dessus, nous confie le réalisateur. A défaut de découvrir une école il a été conforté dans l'idée que c'est un métier ! Une profession qui a ses maîtres, ses codes, son jargon. Une profession dont les représentants ont tous un point commun. Un fort complexe de supériorité. Quand il commence, son personnage principal est un jeune arnaqueur des rues qui tombe amoureux d'une jeune femme alors qu'il est plus ou moins dans le collimateur de la police. Son futur beau-père demande alors à le suivre pendant 24h avant de lui accorder la main de sa fille. Le postulat marchait mais il l'emmenait vers une pure comédie. Et ça ne correspondait pas à ce qu'il voulait faire. Il cherchait quelque chose d'à la fois plus sophistiqué et plus pétillant. A partir de là, il enrichit la trame et relève les enjeux. Chaque manipulation devait pouvoir en cacher une autre. Le problème était de ne jamais tricher. De rester cohérent. Que chaque scène fonctionne en tant que telle, mais aussi à la lumière de la fin.


- Avant tout chose il souhaitait faire un film "champagne", "entre bulles qui pétillent et cristal qui tinte". Ses seules exigences très marquées portaient sur le choix des décors et il en avait discuté avec le producteur. Le luxe des décors devait être ressenti. La dynamique est une autre composante de la mise en scène du film. La caméra est souvent mobile, parfois les décors s'associent à cet élan, comme pour le dîner sur le bateau. Cet élément dynamique, constamment présent, induit un rythme. Le luxe ne devait rien avoir d'ostentatoire, il n'est que l'écrin de l'histoire. Il tenait par exemple à ce que des voitures de luxe passent en arrière-plan. Il ne voulait pas s'y attarder mais elles devaient être belles. L'un des éléments de l'identité visuelle du film est l'utilisation d'écran partagé, le split screen. C'est un procédé qu'il amène très tôt afin de préparer la séquence de présentation du casse idéal.

- Jean Dujardin et Eric Besnard se sont rencontré et connus sur le tournage du Convoyeur, polar urbain dont le scénario a été écrit par ce dernier. Depuis, les deux hommes rêvaient de travailler à nouveau ensemble. "Jean Dujardin est d'un professionnalisme impressionnant, confie le cinéaste. Il est tout le temps là et bosse énormément. Avec lui, j'avais un double souci. Il a construit sa carrière sur un jeu de masques, avec perruques et artifices, et habituellement, il porte un film à lui seul. Tout à coup, il se trouvait dans un film à dix personnages dans lequel je voulais réfréner son pouvoir comique. Je voulais le sexuer, en faire une icône d'élégance et d'intelligence, un héros. Il devait assumer le fait d'être un héros. Pour lui, je cherchais une sorte de mâle attitude, de cool attitude. J'ai eu la chance que tous me fassent confiance. Je n'ai pas eu à forcer des portes. Parfois, nous ne trouvions pas tout de suite et nous avons dû discuter mais de façon constructive, jamais conflictuelle."


- Le personnage de Julia Molina s'est avéré être le plus difficile à caster. Au point de faire des essais. "Par chance, les essais avec Valeria Golino ne se sont pas bien passés, raconte Eric Besnard. Ce n'était pas la bonne journée et il y a eu un malentendu. J'avais décidé de faire le film avec une autre actrice mais elle est revenue de Rome et nous avons eu une très longue conversation. Après cela j'étais sûr que c'était elle. Je crois que sans ce malentendu (ces essais ratés), nous n'aurions pas eu ce rapprochement, ce lien. A partir de là, tout a été magique !"

- Pour Eric Besnard, il paraissait évident que François Berléand fasse partie du casting. "François est un ami fidèle, confie le cinéaste, un monsieur que j'aime, qui est là depuis mon premier court métrage. C'est le seul pour qui j'ai écrit. C'est une sorte de tic personnel. Que j'écrive pour moi ou pour les autres, il y a toujours un rôle pour Berléand. Ca ne veut pas dire pour autant que ce soit toujours lui qui le joue à l'arrivée. Mais moi ça me fait plaisir."

- Débutant le 9 mai 2007, le tournage a duré onze semaines, dont deux entre Nice et Monaco. "Nous devions jongler entre les engagements de chacun et les disponibilités des hôtels de luxe dans lesquels nous tournions pendant la haute saison, se souvient Eric Besnard. Malgré cela, tout s'est bien passé. Nous avons quand même eu beaucoup de chance avec la météo parce que le printemps a été désastreux et pourtant, nous sommes passés à travers les gouttes. L'ambiance de tournage était excellente. Ces deux semaines sur la Côte d'Azur ont été un cadeau pour tout le monde. Il y a eu quelques moments surréalistes parce que les premiers jours, les comédiens les plus connus faisaient de la figuration. Quand vous commencez par faire venir Jean Reno pour le faire marcher plusieurs jours de suite dans des couloirs sans qu'il dise un mot ou que vous demandez à Jean Dujardin de faire des passages en fond de plan, c'est assez spécial comme début de collaboration !"


En résumé : Cash est un arnaqueur. Charme, élégance, audance, il a tout... y compris le sens de la famille.  Aussi quand son frère est assassiné par un mauvais perdant, il décide de le venger en procédant à sa manière. Mais un arnaqueur doit surtout se méfier des agressifs. Et les éviter encore plus s'ils sont armés mais Solal avait oublié cette règle. Résultat, il est mort. L'affaire aurait dû en rester là. Mais Solal a un frère : Cash. Il élabore un plan sans arme ni violence, mais avec panache. Pourtant, la période ne se prête pas à monter un coup.

Cash est sur le point d'être présenté à son futur beau père et son équipe est dans le collimateur de la police. Il va donc lui falloir jouer les "gendres modèles" et monter une arnaque de haut vol, tout en déjouant la surveillance policière. Toutefois, l'adversaire est sur ses gardes. Et Cash et ses amis se sont peut-être attaqués à plus fort qu'eux. D'autant qu'un arnaqueur, quel que soit son talent, finit toujours par trouver plus fort que lui. Dans une telle aventure, chacun ment, bluffe et prétend être un autre.

Dans ce genre d'opération, les alliances se font et se défont et ne durent qu'un temps. Les complices se révèlent parfois des traîtres et les traîtres sont des complices. Pour gagner, il faut être prêt à tout perdre. Une seule chose compte et une seule chose est sûre : à la fin de la partie, il y a toujours un pigeon...

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Publié dans Films - Cinéma et DVD

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Commenter cet article

Nico 04/05/2008 14:29

"Et ne me dis pas le contraire, sinon je serai obligée de te rafraichir la mémoire, n'est-ce pas ?Et tu ne voudrais pas que je te fasse cet affront, si ? "Tu veux parler de ça ?!? :

Ladymoon* 01/05/2008 10:06

Joyeux premier mai!
Gros bisous & très bonne journée!

Nico 28/04/2008 19:08

Super bon film c'est clair ! On devrait se faire des sorties ciné plus souvent, mais comme tu dis, encore faut-il trouver le bon film ! En tout cas, Ca$h est un super bon film !

Alison 04/05/2008 14:15



C'est parce que c'est moi qui ai choisit encore une fois.

Si, si, fais pas genre que non, car je t'assure que c'est pour ça et que c'est la seule raison valable. De toute façon aucune autre explication ne sera acceptée !

Et ne me dis pas le contraire, sinon je serai obligée de te rafraichir la mémoire, n'est-ce pas ?
Et tu ne voudrais pas que je te fasse cet affront, si ?

Bon, alors je t'annonce le programme des films qu'on a manqué et qu'on doit absolument voir (parce que je voulais et parce que je savais qu'ils seraient géniaux et qu'on a pas pu ?!) et ceux qui
vont sortir et que je veux aller voir au cinéma, tu notes ?
Hého, pars pas si vite, j'ai encore besoin de toi !