Concert de Tryo (Partie 1/?)

Publié le par Alison

Le concert est prévu pour ce soir !

Aujourd'hui c'est le 19 novembre et cela fait sept mois que nous avons acheté nos places.

Lorsque je me lève, je me rends compte que je suis presque aphone. Je ne m'inquiète pas vraiment, pensant retrouver ma voix dans la journée. Je sors d'une toute petite angine, qui ne m'a pas dérangée et qui est reparti comme elle était venue, c'est à dire, je ne sais pas trop comment. Apparue la veille, j'ai eu un peu mal à la gorge mais sans plus et le lendemain il ne me restait plus rien sauf cette impression qu'aucun son ne parvenait à sortir ! Ca ne m'est jamais arrivé de me retrouver comme ça à ne pouvoir pas parler moi qui suis si bavarde ! Et là ça me tombe dessus. Probablement par rapport à diverses choses dont la fatigue et le soucis que je me fais ces derniers temps à propos de plusieurs sujets qui ont un peu affaibli mes défenses d'habitude pourtant très résistantes. Peu importe ça ne va pas m'empêcher d'aller au concert ce soir !

Je passe le début de l'après midi à préparer notre sac. Comme d'habitude, il ne faut rien oublier sans trop en prendre non plus. Tout est une question d'équilibre. La première chose à laquelle il faut penser, ce sont les billets ! Puis les bouteilles d'eau, les bouchons de rechange, l'appareil photo (et de quoi le dissimuler dans le sac), les batteries, les cartes mémoire, les sandwichs et autre petits encas pour l'attente, les boules quiès (ça peut toujours servir pour les premières parties : spéciale dédicasse au cercle !), les marqueurs des quatre couleur pour d'éventuelles dédicaces, les cds ou les pochettes ou tout autre support qui serviront de souvenir, portable, clés, et on enlève tout le reste qui ne sert à rien si ce n'est à s'encombrer et perdre du temps lors de la fouille !

Vers 16h30 je suis prête. Je ferme l'appartement, et je descends rejoindre mon chéri qui rentre du travail, les bras un peu chargés quand même ! Nous prenons la route, et en moins de 20minutes, nous sommes arrivés devant la salle. Il faut dire qu'il n'y a pas beaucoup de circulation et qu'on apprécie d'habiter près du périphérique, on peut aller où on veut en peu de temps. Là, ça commence plutôt bien. Un vigile nous accueille et nous dit où nous devons stationner. Il fait comme s'il savait ce qu'il devait faire et comment. Il nous demande si on vient pour le showcase ou pour le concert. Le showcase ? De qui ? De Tryo ? On était pas au courant !

On se gare à quelques mètres du bus de Tryo. A peu de choses prêt, il nous indique l'emplacement que je souhaitais. C'est important de ne pas être trop contrariée dans ces moments-là. Et certaines choses peuvent s'avèrer stratégiques pour la suite. Et quand on les connait pas, c'est un peu dommage de ne pas les exploiter à leur juste valeur !

On doit ressortir du parking et faire tout le tour pour enfin arriver devant la salle. Pas très pratique. Mais tout ça est soit disant une question d'organisation (ils ne se servent jamais du portail qu'il y a tout autour et ne veulent jamais en entendre parler). Je presse le pas, car on se fait doubler à plusieurs reprises. C'est normal on est mercredi et beaucoup ne sont pas en cours. Et si près du but, ça m'énnerve.

On se met dans la file d'attente. Il est 17h. On fait partis des 20 premiers. Et de l'autre coté des barrières en face de nous, ils sont une petite centaine. Oui, mais eux, ils ne vont pas au concert. Ils ont des invitations. Ils vont participer au show case qui débute à 17h30. Ah donc ça change tout ! Ils pouvaient nous dépasser, on comprend mieux maintenant. En fait personne n'a osé se mettre devant nous, à part ceux ou plutôt celles, qui étaient déjà là. Tout va bien donc pour l'instant. Ceux qui sont venus à pied ont trouvé où se mettre tout seul (ça change d'endroit précis à chaque concert !) mais ils n'ont pas été prévenus de ce qui aller se passer avant. Ils enragent donc un peu. Ils craignent de ne pas avoir le premier rang et de ne pas être arrivés suffisament en avance. Ca chuchote, ça appelle, et ça stresse.  Mais ça ne suffit pas à faire monter la pression. Je suis sereine, j'ai l'habitude maintenant de ce genre de situation !

Elles angoissent et moi je les regarde sans rien dire, rappellez-vous, je ne peux pas ! C'est méchant  mais je m'en fiche ! Mais avouons-le ça passe toujours le temps. Et puis au lieu de garder leur ennergie pour le sprint final, elles se fatiguent un peu. Tant que moi je suis tranquille et confiante, c'est tout ce qui compte. En fait, je dis "elles" car devant nous, puis derrière, il y a beaucoup d'adolescentes qui ont oubliées qu'on était en hiver et qui se sont habillées comme en été. L'attente va être longue, on en a au minimum pour 2h30 dehors et j'apprécie mon gros pull et ma grosse veste que j'ai ressorti du placard pour l'occasion. J'ai un peu froid au pied (j'ai pas pu mettre une autre paire de chaussettes par dessus sinon je rentrais plus dans mes chaussures !) et un peu au mains, mais rien de bien gênants.

L'attente commence. Il faut être patients. Et on a appris à le devenir au fil des concerts. Sauf que ce soir, ce n'est que la deuxième fois en hiver. Il fait un peu froid, on est à côté du rhône, le vent nous ramène de l'humidité. Je repense au concert de Bénabar, en plein mois de novembre lui aussi, où j'étais seule pour me tenir chaud et compagnie ! La nuit tombe petit à petit. On doit rester debout, on ne peut pas s'assoir dans la rue (je n'aime pas trop !) et on a rien pour nous distraire. Sauf les personnes qui nous entourent. Alors on compte les nez rouges, les doigts des mains et des pieds congelés, et le nombre d'angines/toux/rhumes du lendemain. Par contre, on est beaucoup dérangés par la fumée de cigarettes. On est entourés ou plutôt devrais-je dire encerclés par des fumeurs, et l'air est irrespirable. N'importe où qu'on se mette, n'importe comment, on en fume autant qu'eux. Et je déteste être fumeur passif ! Il n'y a plus d'air frais non contaminé ! Mais je n'ai pas choisi. Entre la pollution de la ville, le périphérique qui passe à côté et ça, on est servi. On compte alors le nombre qu'elles peuvent fumer à la suite, probablement sans s'en rendre compte. Une toutes les 15min. Quatre par heure en moyenne. Ca fait beaucoup. Elles sont jeunes, inconscientes et visiblement leurs parents également, pas vraiment responsables non plus. On s'occupe comme un peu et dans l'ensemble on rigole pas mal. On critique, on juge tous le monde, nous on est mieux, ouais ! Moi je ressemble à Monsieur Bibendum (avec ou sans manteau d'ailleurs !), je n'ai plus de voix, mais je suis bien et fière d'être moi-même. Je ne me changerai pour rien au monde. Et qu'est-ce que j'apprécie cette sensation qui m'envahit, celle de savoir que le concert approche. Celle du désir qu'on sent s'intensifier. Celle de l'excitation qui s'amplifie et monte petit à petit en nous. On parle peu, on observe ce petit monde, cette jeunesse un peu à la dérive, en pleine interrogation, qui se cherche. Certaines révisent les paroles derrière nous. Elles chantent faux. Et accessoirement, elles essayent de nous griller nos places ! Non mais où va-t-on ? Oui je suis médisante, mais on passe le temps comme on peut ! Et je suis sûre que  si on inversait les rôles, je ne serais pas en reste de toute façon. Mais c'est toujours mieux sur les autres ! Non ?

Les autres personnes rentrent et ressortent environ 1h plus tard. Ca fait du mouvement et notre tour se précise. Et puis de plus en plus de monde arrive au bout d'1h30, les jeunes adultes inversent la tendance et on se sent moins seuls entourés d'ados ! Il est 18h30. Vers 19h j'apperçois des connaissances du travail, on échange quelques mots (et je fais surtout comme je peux !), puis des amies nous rejoignent.

Et puis soudain, on voit que celles de devant avancent, ça y'est, c'est l'ouverture des portes.

Publié dans Musiques

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élise 14/12/2008 15:49

Tout le monde n'a pas cette chance, Nico.Gros bisous Alison, à vite sur msn.

Nico 02/12/2008 18:00

J'adore tes dernières phrases à chaque fois ! Le suspens ! :DEnfin, moi je connais la suite alors ! ^^ ;)