Concert de Tryo (Partie 2/?)

Publié le par Alison

Il doit être environ 19h30. Les vigiles sont sérieux et sévères. L'un d'entre eux touche mon sac, le regarde à l'intérieur et ne voyant rien de suspect, il me laisse passer. Je peux avancer mais mon chéri lui, reste bloqué. Les bouteilles d'eau ne rentrent pas. Je sens qu'il y a quelque chose qui ne se passe pas comme prévu. Je jette un regard en arrière, et je lui dis de tout laisser, ce qu'il s'apprétait à faire, que ce n'est pas grave. Je double quelques ados au passage. Je connais le chemin ! Et visiblement, elles n'ont pas l'habitude de ces moments critiques qu'ils ne faut surtout pas rater, sinon ça remet en doute tout ce qu'on a fait avant d'en arriver-là.

Je présente mon billet et me le fait valider. Je peux repartir et reprendre ma course. Normalement c'était pas comme ça que ça devait se dérouler. Mon chéri devait passer avant moi et courir pour nous deux. Parce que je suis très mauvaise en endurance et en plus, il m'est plus difficile de respirer fort sans avoir mal à la gorge (rappelez-vous ce que vous avez appris à l'épisode précédent : je suis aphone !). Qu'à cela ne tienne, maintenant le premier rang repose sur moi. Je fais attention, parce qu'il y a plusieurs marches à descendre et ja parcours le chemin qui me sépare de la fosse du mieux que je peux. Après un long couloir, j'apperçois la scène.

J'observe rapidement la situation et après une courte analyse, je décide de me mettre plus près du milieu que ce que nous avions initialement pensé pouvoir faire. Nous voulions être légèrement sur le côté si jamais tout était pris déjà. Quitte à être devant, autant ne pas être comprimé ! J'avais étudié la répartition du groupe avant et on avait choisi d'être entre Mali et Guizmo. Et j'arrive finalement à me mettre devant le micro du centre, celui de Mali en principe, légèrement à droite vers Guizmo. Exactement ce qu'on voulait.

Mon chéri est derrière moi, visiblement, il n'a pas réussi à me rattraper ! Tant qu'il est là, c'est tout ce qui compte. Il va m'aider à garder notre place. Je me rend compte que je ne suis pas essouflée. C'est bien la première fois. Soit je me trompe et me sous-estime (et ça ça m'étonnerait car je n'ai jamais été une bonne coureuse !), soit la distance à faire pour arriver jusqu'à la scène est finalement relativement courte, soit le fait d'être moins en forme que d'ordinaire comporte des effets secondaires considérables et non négligeables ! Je crois surtout que j'ai abordé les choses différement et que quand on sait à quoi s'attendre parce qu'on connait le lieu, on gère différemment. Et là l'organisation était bien rodé. J'ai assuré !

Maintenant,qu'il nous manque un petit bout de nos billets et de l'eau, il va falloir mettre le plan D en place. On se regarde tous les deux, je lui demande si j'ai bien fait de me mettre à cet endroit plutôt que complètement sur le côté. Je lui dis que je pense qu'on profitera mieux du concert de notre place. Il est d'accord. Tout va bien. On se réchauffe après tout ce temps passé dehors. On reprend nos esprits aussi. Parce que c'est un moment toujours un peu à part, où on joue tout, où on vit presque notre vie sur ce moment.. Et on dirait pas, mais ça demande pas mal de ressources pour ne pas être épuisé. Les choses se bousculent dans nos têtes, on se pose une multitude de questions. Mais maintenant c'est bon on est arrivé jusque là plus rien ne peut nous faire changer de places !

Il nous reste une petite heure avant que la première partie commence. Juste le temps de se relayer pour aller acheter de l'eau au bar. Quelques minutes plus tard on met notre pland D en route pour ne pas se faire prendre nos places. C'est Tryo que l'on vient voir et ils jouent à guichet fermés dans la majorité des villes où ils passent. Les places se sont vendues en très peu de jours et la plupart des personnes qui sont ici attendent ce soir depuis plusieurs mois. Et en particulier notre voisin qui n'est pas vraiment aimable avec nous. Il sera désagréable tout le long du concert, dans le genre adolescent fan hystérique, c'est ce qu'on fait de mieux sur le marché. L'échantillon parfait. Et rare heureusement. Autour de nous les jeunes ne sont pas autant atteind qu'il semble l'être. Il est dans un état indescriptible, on dirait une petite fille complètement charmée par son chanteur préféré. A notre gauche, nous avons deux jeunes filles qui sont plutôt sympathiques, on a pas échangés de mots avec elles, mais on aura eu aucun problème, il y aura un certain respect mutuel... Aussi on a pu se concentré sur l'espèce en voie de disparition qui se trouvait à nos côtés et qu'on nommera pour la suite (au cas où) : le phénomène "Tryo c'est toute ma vie, je vous aime".

Vers 20h30 toute la fosse se lève, les lumières s'éteignent. Je prépare mes oreilles et ma montre. Du peu que j'en ai entendu la veille, Flow, le groupe qui arrive pour la première partie, ne va pas me convenir. Et effectivement dès les premières paroles, ça ne me plait pas. J'avais écouté quelques titres pour savoir à quoi m'attendre et j'avais prévenu les autres. Alors en contrepartie, j'échange quelques sms avec mes amies restées plus en arrière dans la fosse. Elles me confirment qu'effectivement ce que je leur avais dit, ce révèle être bien vrai... Et désolé pour les admirateurs (si jamais il y en a qui viennent sur ce blog par tout hasard) en dépit des musiciens, il n'y avait rien à voir de mieux. Mais même en faisant tout leur possible les deux guitaristes n'ont pas relevé le niveau ni rattrapé la donne. Allez faire un petit détour sur leur site internet, vous serez pas déçu et puis vous pourrez juger par vous même. Ce qui me marque le plus, c'est le côté négligé de la chanteuse. Et pourtant c'est peut-être un peu dommage parce que je suis presque sûre que si elle prenait un peu plus soin de son apparence, je lui aurai laissé une chance de me convaincre. Et le fait d'être aussi près d'elle, me ferait presque peur quand elle s'avance sur le devant, qu'elle danse ou qu'elle essaye de sourire et qu'elle tend les bras vers nous. Elle manque d'élégance, de féminité. Ca ne fait pas tout, mais ça n'enlève rien non plus.

La chanson sur sa grand-mère aurait presque pu me toucher si elle avait été moins vulgaire et un peu plus sincère, jamais je ne pourrais pas parler ainsi de mes grands-parents même s'ils avaient une mauvaise maladie qui les rendaient désagréables. A ce compte, autant s'en prendre directement à la cause de leurs malheurs et pas à eux qui n'y sont pour rien "La Louise y a un petit vélo dans ton cerveau ; La Louise est en retraite, c'est pire qu'en quarantaine, on savait pas bien où la mettre mais ça fait 10 ans que ça traine ; La Louise elle devait mourir vite". Là les émotions sont surfaites, je n'y crois pas, c'est juste pour le spectacle.

Celle sur les poufiasses m'auraient presque fait rire si j'avais senti le côté ironique et moins celui de la moquerie facile et limite méchante "on est toute des pintades plein de crèmes, de pommades, attendant le prince charmant sur son beau cheval blanc, on se fout du ridicule, ceux qui parlent et qui calculent, on s'en fout, fière d'être des poufiasses".

Autant vous dire qu'une fois de plus le temps nous a parut long, surtout quand elle a décidé de refaire quelques titres en rappel sous les applaudissements. Je me serai bien passé de ces quelques bonus grotesque et surtout de son vocabulaire qui ne tourne qu'autour de mots et d'idées très simples. Les sujets ont déjà été abordé avec beaucoup plus de talent, et sa manière n'apporte rien d'original. A part si le fait de crier dans le micro pour se faire entendre peut-être considéré comme tel. Elle ne propose pas d'interprétations différentes des autres ni en mieux ce qui aurait pu suffir pour changer mon point de vue. Avec un peu de travail, ça aurait pu être plus profond. On va en rester là pour la critique ! Et j'aurai presque eu pitié d'elle si je ne savais pas qu'elle était appréciée partout où elle va et qu'elle vend bien apparement. Pour preuve, alors qu'on ne trouve pas certains jeunes artistes (comme Little par exemple) que j'apprécie sur deezer, son album y est. Et même en retournant au boulot quelques jours après le concert, la fille que j'avais croisé dans la fille d'attente, m'en a reparlé et m'en a fait que des éloges. C'est comme ça, il y a parfois des réactions qu'on ne peut pas comprendre. Ca doit être l'effet médiatique "Tryo", s'ils aiment on doit aimer à notre tour et le conseiller partout autour de nous. Si c'est bien, tu vas voir, toi aussi, tu vas a-d-o-r-e-r.

Elle finit par quitter la scène vers 21h20 après une petite dizaine de titres et presque 1h de torture. Après ça on devrait pouvoir se nettoyer les oreilles ou carrément en changer, car c'est un affront de devoir garder les mêmes pour la suite du concert. On aimerait leur demander pardon de leur avoir fait subir autant et les rassurer qu'elles ne vivront plus ça, mais on en est pas si certain, il y a tellement de surprise dans la vie et encore plus dans le domaine culturel qu'il ne vaut mieux pas se risquer à faire ce genre de promesses...

Publié dans Musiques

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élise 23/01/2009 23:02

mince !je me suis fait une fausse joie !!!J'ai vu ton blog et j'ai pas reconnu l'article et après si, bouhouuubisous !!!

élise 20/01/2009 19:29

Je suis allée sur le myspace de la première partie et je sais qu'il n'y a pas que le physique dans la vie mais comment dire... dans l'anti féminin on fait pas mieux ?ou bien c'est un homme le chanteur ?jsé pas ça fait pas soigner... pour le reste la chanson, m'avait pas transcandée ...la suite ?!l'après ?la fin ?(bon ct une réf à LGS mais jsuis pas sûre de moi ^^)bisous !

Ladymoon* 09/01/2009 10:22

Bonjour Alison, Comment vas-tu?De la neige chez toi?Aujourd'hui -7° chez moi ... Gla-gla!Je te souhaite une très bonne journée!Gros bisous!

Nico 07/01/2009 14:37

Effectivement, je demande ici solennellement pardon à mes oreilles pour leur avoir infligé pareille torture, Flow, c'est vraiment pas pour moi !