Ca se passe un soir de février. Je cherche de nouveaux artistes à écouter. Marre de laisser tourner en boucle les titres de ces derniers jours. Alors que je suis sur
deezer, au détour d'un morceau, il me propose, presque au hasard,
Joseph
d'Anvers. Et actuellement ce choix-là m'inspire ! Heureusement que mes oreilles ont réagi avant mes yeux, car son nom ne me disait rien et je serai peut-être probablement passé à la suivante
sans m'arrêter plus longtemps. Les apparences sont trompeuses, je le sais bien pourtant. Et j'aurai rater quelque chose si je n'avais pas fait preuve de curiosité.
Je ne le connais pas encore, je n'ai aucune certitude mais en revanche, ce que je sais c'est que j'accroche tout de suite sur le charme de sa voix et je passe ainsi plusieurs heures à écouter
"Entre mes mains", "1000 fois", "Sept jours d'une vie", "Nos jours heureux", "Comme un souffle", En colimaçon", "Les amants", "Par avance" et bien d'autres encore que je trouve originales,
tellement belles, tellement rares, tellement vraies et qui me convainquent qu'il me plait. C'est comme s'il lisait dans mon état d'esprit. Son univers me séduit. Lorsque je pars, je n'aspire qu'à
une chose, rentrer pour pouvoir me rebrancher sur son site... J'allume mon ordi dès que je me lève même pour 5min le matin. Je le classe dans les découvertes, mais lui c'est un peu plus, en effet
c'est comme si c'était une révélation. Et je pense que je pourrais bientôt ranger ses deux albums parmis mes préférés, bien décidée que je suis à courir les acheter sans plus attendre. Juste un
petit conseil : n'hésiter pas à vous rendre sur son
myspace, véritable source multimédia que je n'ai pas encore épuisée.
J'oublies vite les circonstances de mes écoutes. Mais pourquoi tout va si vite ? C'est tellement agréable de découvrir de nouvelles choses. On ressent tellement de plaisir au début. Enfin, si ça
dure toute l'année comme ça, avec une découverte par saison, ça me convient tout à fait !
Il ne se prénomme pas Joseph et de toutes façons il n'est pas belge non plus.
Mais alors, puisqu'on n'y comprend rien, qui est ce jeune chanteur français ?

Originaire de la bourgogne, lorsque il ne chante pas à Nevers, il
est opérateur du son pour le cinéma et lorsqu’il ne travaille pas pour gagner sa vie, il emprunte son nom de scène à la station de métro de la capitale, et enregistre des maquettes, sans
succès.
En 2005, une rencontre l’incite à persévérer. La même année, une compilation du magazine
Les
Inrockuptibles attire l’attention sur son petit monde en chansons. Un contrat sur le label
Atmosphériques et un
producteur (lequel a aussi participé à l'album de Renan Luce) lui permet l’enregistrement dans un studio bruxellois d’un premier album,
Les
Choses en Face qui sort en 2006, riche d’un duo avec Christophe Miossec sur « La Vie est une putain ». Le succès est présent à l'appel et ne se fait pas plus désiré. Il est remarqué par la
critique et reçoit des récompenses.
Ce premier album qui lui permet de se distinguer, est calme et mélancolique. Il fait suite à d'autres aventures au sein de deux groupes de musique plutôt orienté rock. Il correspondait à un
besoin de souffler et n'avait rien d'un manifeste.
Au fil d'une tournée d'un an et demi qui l'a vu passer par le Printemps de Bourges, les Francofolies ou les Solidays, il écrit les prémices de son nouvel album. Seul dans son local, il voulait
sortir de la formule "guitare-voix" qu'il a déjà pratiqué. Il inverse la méthode et se concentre sur les rythmes. Il écrit les partitions avant de penser à poser et à placer sa voix. Il s'inspire
de ses disques de chevet du moment qui lui ont donné d'autres envies, plus pop encore. Il se décide à quitter le territoire qu'il avait déjà balisé pour prendre le large. Il doit se résoudre à
quitter son quartier et prendre les risques qui vont avec. Un premier pas vers l'inconnu pour changer de rythmes, de sons et d'horizon.
Une révolution interne commence et va l'emmener loin de ses bases. Il cherche un producteur habitué à tout ça pour l'aider à mettre en forme ses nouveaux morceaux et c'est finalement un américain
qui accepte de prendre en main la suite. Accompagné d'une seule guitare, il part pour le Brésil afin de le rejoindre. Il est accueillie par une vraie famille de musiciens (batterie, basse,
contrebasse, piano, claviers, choeurs) qui vont devenir de véritables partenaires indispensables et apportent une véritable énergie. L'ensemble est orchestré en privilégiant la spontanéité et les
heureux accidents. Le métissage recherché est en marche. Et l'histoire du disque se poursuit. Il enregistre et sort son second album :
Les
Jours Sauvages en 2008. Et dès la parution de cet opus, l'accueil du public est là. Il est nommé au Prix Constantin et on évoque le Café de la Danse pour dans quelques jours.
Cette nouvelle génération de mélodies nous entraîne à se concentrer aux textes qui sont d'avantages sombres. Il s'attaque aux thèmes de l'addiction, des maux de l'âme, se questionne sur le futur
ou sur le genre humain. Ses récentes collaborations (il contribue à de nombreux albums et compose certains en intégralité) le pousse à affiner sa plume et lui donner l'idée d'aller encore plus
loin sur son propre album. Il trouve l'équilibre nécessaire entre la forme sensuelle, entraînante et enlevée et le fond parfois dur. Plusieurs titres illustrent la double voie empruntée. Et voilà
treize chansons pour un retour aux amours premiers. Ou comment tout a pris sens quand les choses se sont faites au fur et à mesure de ses voyages.
Je n'espère plus qu'une date sur Lyon pour combler mon manque ! Si vous entendez parler de quelque chose d'intéressant, faîtes-moi signe, à ce niveau-là c'est vital.
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