Concert de Renan Luce (Partie 1/3)

Publié le par Alison

En comptant, j'en suis à 22 concerts dont 9 rien que cette année (et au moins 3 mais peut-être 5 de plus en prévisions jusqu'à fin décembre). Tous m'ont marqués même si certains, c'est vrai, étaient encore mieux que d'autres. Tous sont importants à mes yeux mais certains plus particulièrement. Mais comme je ne suis pas bloggueuse à temps plein, je n'arrive pas à venir tout raconté ici, ni même un petit bout de chacun, parce que j'aurai l'impression qu'il en manque tellement à dire que ça ne serait pas complet, pas comme c'était. Et pourtant... Ca ne joue pas en ma faveur : j'ai très mauvaise mémoire et je sais d'avance que tout ce que je n'écris pas, je commence à le perdre un peu dès l'instant où ça vient de se passer. Ca reste gravé au plus profond de moi, pour sûr, mais des détails m'échappent déjà.

Oui, j'aime la musique, j'aime ces artistes que je vais voir sur scène. Ô combien j'aime toutes ces soirées qui débutent tôt et se finissent tard et me font comprendre à quel point je tiens à cette vie, à quel point elle vaut le coup d'être vécue ainsi. Pas un concert ne se passe sans que je me sente bien, sans que je prenne conscience de la valeur de mon existence. Tous ces moments où je comprends enfin ce qu'on entend par cette petite phrase si symbolique "le temps s'arrête". La vie continue autour de moi, mais sans moi car je suis ailleurs, transportée par les instruments, avec eux, avec lui ou avec elle.

Hier, avec Renan Luce, c'était encore un de ceux-là. Un des meilleurs...


Partie vers 15h15, j'arrive enfin devant la salle vers 16h, le Transbordeur, que je connais bien maintenant. La pluie a cessé mais il y a beaucoup de vent. Il m'aura fallu prendre le tram, le métro, puis en changer et enfin un bus avant d'arriver à destination. J'aurais pu partir un peu plus tôt, mais j'ai eu du mal à me décider, je traîne un peu  des pieds ces derniers temps. Et aujourd'hui entre l'alternance de gris et d'éclaircie, ça ne m'a pas aidé. Je m'en veux un peu, avant de voir que je suis la 1ère à être sur place. Là, je retrouve mon sourire et la pression retombe durant quelques heures. Ca parait futil mais c'est là que tout ce joue. C'est là qu'on sait si on va passer une bonne soirée, et rien regretter.

En ce début de tournée, il y a encore peu de compte-rendus sur le net, ce n'est donc pas évident d'évaluer s'il y aurait du monde tôt dans la file d'attente. Il faut se méfier des fans, et j'en suis une. Je connais donc le phénomène, je sais comment il fonctionne.

Ce soir, c'est la 5ème date de Renan sur cette nouvelle tournée, après les deux festivals de cet été. Devant la salle, il n'y a aucune affiche pour l'annoncer. Ca me surprend, et puis c'est un peu dommage, ça m'aurait fait une bonne photo souvenir même si l'appareil est bien rangé et que ça n'aurait pas été pratique de le sortir (mais je vous réserve les explications pour plus tard). Je connais très bien les lieux, je sais où sont placés les endroits stratégiques, mais pour l'heure, comme je suis seule, je vais me mettre un peu plus loin de là où je serai tout à l'heure, quand les choses sérieuses se feront sentir.

Il y a quelques marches d'escaliers sur le côté de la salle, vers le parking. Je m'y installe. En face de moi il y a le bus de Renan Luce et de son équipe de musiciens et techniciens. La porte est ouverte. D'expérience, je ne m'y approche pas, je sais que je ne verrai rien de plus en étant près. Et puis de là, la vue est parfaite.

Mon chéri m'appelle, il vient de terminer le travail. Il veut prendre la température, savoir si tout va bien. Je lui confirme qu'il peut prendre son temps avant d'arriver. Je suis sereine et rassurée.

J'ai emmené un livre avec moi, alors je commence à feuilleter les 1ères pages. L'histoire est captivante, mais entre le vent qui souffle et emporte sur son passage des feuilles mortes, le bruit des portes de la salle qui s'ouvrent et se referment, et le ballet proche du bus, de quelques voitures avec des vitres teintées, je n'arrive pas vraiment à me concentrer dessus. Je dois lire et relire plusieurs fois chaque phrase. Parfois une personne sort du bus et me regarde, assise sagement là-bas au loin. Des taxis font des va-et-vient. Mais je n'appercevrais pas Renan. A l'heure qu'il est, ça m'étonnerait qu'il soit encore en train de se préparer. Je n'entends pas non plus les balances. Il est peut-être à son hôtel, il a une interview de prévue dans 2h.

Il est 17h et je suis toujours tranquillement assise, seule. Je reconnais un des techniciens de Bénabar qui est aussi présent sur la tournée de Renan et que j'avais donc déjà apperçu à quelques reprises sur d'autres dates. Je ne savais pas qu'il serait là aujourd'hui, ce qui me procure un petit sourire au coin des lèvres. Entre ces deux-là c'est un peu une histoire de famille, de même équipe. Il téléphone au loin et fait les cent pas. J'aimerai bien aller le voir et lui demander si je peux parler à Bruno moi aussi, juste pour prendre de ses nouvelles. Ben quoi ? Vous imaginez pas qu'il puisse appeler une autre personne quand même ! Parce que moi non ! Ou c'est Renan ou c'est Bruno !  Et je préfèrerais que ça soit le 2nd vu que le 1er je vais le voir ce soir et que je compte bien pouvoir lui dire mes impressions à la fin du concert. Mais comme ça se fait pas, je reste à l'observer de là où je suis. C'est plus raisonnable. Pendant ce temps, un des musiciens sort son instrument d'un des coffres du bus.

Entre 17h et 18h, quelques personnes arrivent. A présent nous sommes 10. Mais la pluie a recommencé et je n'ai pas envie de rester dessous et d'être mouillée. Je ne veux pas être malade. Fan oui, mais pas à n'importe quel prix. Je  quitte mes marches d'escaliers et pars m'abriter d'abord sous le toit de la salle qui dépasse, puis comme ce n'est pas efficace, sous le pont du périphérique qui est juste en face. Ainsi, je ne pers pas de vue ce qui se passe. Je suis la seule, les autres restent sous la pluie. C'est leur choix, mais pas le mien ! Même si celui-ci m'embarrasse un peu.

Vers 17h45 mon chéri part enfin de chez nous. En cette heure-là la circulation s'intensifie et moi je commence à languir. Je compte les minutes avant qu'il me rejoigne enfin. Et le temps me parait long à cet instant.

Une fille me passe devant et me demande quelques renseignement auxquels je réponds volontier. Je lui indique comment ça va se passer, en espérant qu'elle ne le répète pas trop... Ca sera la seule à qui j'adresserai la parole.

C'est que depuis qu'il a appelé, je me suis rapprochée du portail qui entourent le parking, je suis donc à l'extérieur de l'enceinte, et je sais que ça ne va plus tarder, je sais qu'il va falloir assurer, maintenant. Des agents de sécurité s'approchent, le groupe de filles qui est là est toujours assis juste devant les portes. Mais ce n'est pas là qu'il faut être. Lorsque ils placent les premières barrières et leur font signe, je suis déjà en place, et c'est donc tout naturellement et en toute logique qu'elles se mettront derrière moi. Je vous rappelle que je suis la 1ère à être arrivée sur les lieux, donc là, j'aurai mordu si un autre cas de figure s'était présenté. La fille avec qui nous avons échangé quelques mots tous à l'heure se met à côté de moi dans la file d'attente, puis téléphone à son chéri. Lors de la conversation, je l'entend lui dire "si ça continue comme ça tu sera le seul homme de la soirée". Je lui fais un petit signe et je lui dis "non ils seront au moins deux avec le mien".

Et le voilà qui arrive. J'ai toujours la situation en main lorsque mon chéri arrive enfin avec nos sandwichs (que j'avais préparé à l'avance et qu'il n'avait donc plus qu'à emporté avec lui) ! Nous sommes tous les deux et nous avons de quoi nous ravitaller, tout va bien. J'en profite pour reprendre des forces, ça fait déjà 2h que je suis là !

Il nous reste plus qu'une petite heure à patienter, la plus longue et la plus stressante de toutes, comme toujours. Celle où on se pose mille questions, celle où on sait qu'on peut tout faire planter, même si c'est impossible.Il faut être réaliste. Le premier rang, il sera pour nous. Et ça m'étonnerait qu'on ne soit pas juste en face du micro. Ce que tous le monde vise en principe...

Publié dans Musiques

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Milou 12/10/2009 10:38



Mais même en pôle position, on est dehors à Gre! Et à Vienne c'est encore pire, on fait la queue dans les ruelles de la ville!
Franchement, ça fait de supers souvenirs! A Grenoble, j'avais un couples d'amis qui été resté un moment avec moi... mais j'ai découvert ce qu'était un concert ce jour là et toute seule! On
le ressens à 300%! J'ai pas fini devant la scène mais bien coincée au milieu des premiers fous furieux!
A celui de Vienne ont été assez prêt de la scène et je me souviens de la première partie: une caméra qui scrutée les gens du public et qui mettait des images en fond en fonction de leurs têtes!
La caméra s'était arrêtée sur une bande de mecs qui été rentrés avec une bouteille de 51! Quelques années plus tard, en en reparlant avec de nouveaux amis, on a appris que c'était eux! Le fameux
Elian dont on vous avez parlé!
Bon... comme quoi les concerts c'est vraiment des expériences dont on se souvient toute sa vie! Vous avez bien raison d'en faire autant! Moi je vis une autre expérience... intérieure pour le
moment! mdr



Nico 11/10/2009 20:13


Non pour Bruno, elle aurait pas eu besoin de le faire, elle aurait été en pôle position de la file d'attente. :p

Et pour ce qui est de toi, en attendant d'avoir la forme pour patienter 4 ou 5 heures devant une salle de concert, en attendant tu prends des formes ! ;)


Milou 11/10/2009 18:44


Bon, je vois que le 3ème volet n'est pas encore là alors pour patienter j'ai lu le n° 1!
Moi pour mon premier concert en solo, celui de Goldman j'avais 16 ans, je suis restée sous la pluie (sans parapluie) pendant 1h30 avant de rentrer dans la salle du Summum de Grenoble! Concert
inoubliable, le meilleur de toute ma vie!
Le second concert de Goldman que j'ai fait c'était aux arènes de Vienne avec mon chéri et un ami, il pleuvait aussi et on a dû monter tout en haut de la ville pour redescendre le long de la file
d'attente! Franchement, tu l'aurai fait pour Bruno j'en suis sûr! Quand on aime, on compte pas!
J'aime bcp ta façon de voir les concerts et l'attente justement... on voit les choses pareil! J'aimerai bien faire le pied de grue un jour avec toi pour un concert! Mais il va falloir attendre que
je sois en meilleur forme! lol


Milou 09/10/2009 17:41


NON d'une pipe, tu te laches... lol
Bon je te promets que quand tu aura écrit les trois je lirai tout, je suis fan de Renan Luce!